Le DOE numérique BIM : quels avantages ?

Le DOE numérique BIM est une méthode de gestion de projet de construction qui utilise la modélisation 3D pour optimiser la phase d’exploitation d’un ouvrage. Découvrez quels sont ses avantages, ses possibilités d’utilisation et ses principales différences avec un DOE de construction classique.

Qu’est-ce qu’un DOE en construction (dossier des ouvrages exécutés) ?

Dans le secteur du bâtiment, le DOE fait référence à un dossier décrivant un ouvrage exactement tel qu’il a été exécuté pendant les travaux. Celui-ci comporte à la fois des plans et des documents écrits.

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Il n’existe pas de DOE « type ». Toutefois, le dossier des ouvrages exécutés d’une opération de construction inclut souvent :

  • Les plans de réalisation de l’ouvrage, tel que livré ;
  • Les plans des réseaux et schémas de principes utiles ;
  • Les fiches techniques des matériaux mis en œuvre ;
  • Les notices de fonctionnement des équipements installés, ainsi que les conseils relatifs à la maintenance des appareils ;
  • La garantie fabricant des équipements.

D’autres pièces peuvent être exigées par la maîtrise d’ouvrage en fonction de la spécificité du projet et des besoins de l’utilisateur lors de l’exploitation du bâtiment.

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Qui produit le dossier des ouvrages exécutés (DOE) ?

Chaque entreprise présente sur un chantier est responsable de fournir le DOE qui concerne son lot. Après l’achèvement de ses travaux (ou après la livraison du bâtiment), elle doit communiquer l’ensemble des documents exigés par le maître d’ouvrage dans son marché. Les plans d’exécution et plans de fabrication doivent alors être mis à jour en accord avec les éventuelles modifications/adaptations opérées en cours de réalisation.

Une double validation vient ensuite confirmer l’exactitude des données livrées. La première est opérée par l’équipe de maîtrise d’œuvre avant la transmission du DOE à la MOA, qui valide la bonne réception des documents.

Quelles différences entre un DOE « classique » et un DOE BIM ?

Dans le cas d’un dossier des ouvrages exécutés « classique », chaque intervenant produit son livrable au format exigé (dwg, pdf, xlsx, etc…). L’ensemble des documents réceptionnés est ensuite vérifié et compilé dans un dossier assimilable à une archive, qui sera consultée par les exploitants de la construction en fonction des besoins. Il est par exemple possible de rechercher la notice de fonctionnement d’un équipement pour résoudre un dysfonctionnement ou bien une référence de peinture pour des travaux de rafraichissement.

Pour résumer, le DOE traditionnel propose un format consultable, mais difficilement exploitable après la construction.

De son côté, le DOE numérique BIM d’un projet conçu avec une démarche BIM a pour but d’être utilisé pour optimiser l’exploitation d’un ouvrage et/ou la gestion d’un patrimoine. Il est obtenu à partir de la maquette numérique BIM de l’opération, mise à jour au fil des étapes d’exécution. Par ailleurs, le DOE BIM peut également contenir divers types de fichiers extraits de la maquette : nomenclatures, plans dwg, descriptifs, etc.

Pour rappel, une maquette BIM constitue une base de données structurée décrivant l’ensemble des informations dimensionnelles et alphanumériques d’un projet (plus exactement, nous pouvons parler d’un : graphe de données). Il est ainsi possible de consulter la représentation 3D d’un bâtiment, de sélectionner un ouvrage (objet), et de visualiser différentes informations à son sujet : composition, prix d’achat, relations avec d’autres composants, référence du produit ou même avoir directement accès à sa documentation technique.

Dans le cas d’un DOE BIM, lorsque le bâtiment est achevé, la maquette numérique reste exploitée et alimentée pour optimiser tout le cycle de vie de la construction. Elle peut être reliée à des applications de gestion, d’exploitation et de maintenance d’un patrimoine immobilier. On emploie dans ce cas le terme de processus BIM GEM.

Les enjeux et caractéristiques d’un DOE numérique BIM

L’importance du cahier des charges BIM

L’AMO BIM, responsable de la rédaction du cahier des charges BIM, doit comprendre dès les prémices d’une opération pourquoi un maître d’ouvrage décide de recourir au BIM, en particulier après la livraison du projet. Quelles sont les utilisations envisagées de la maquette numérique à chaque moment de la vie de l’ouvrage ? Comment peut-elle être utile aux opérations de maintenance et d’exploitation du bâtiment ?

En fonction de ces besoins, l’AMO BIM dresse la liste des livrables à inclure dans le DOE BIM (et le niveau de détails associé).

La convention BIM, rédigée par le BIM manager, précise ensuite les conditions de contribution de chaque acteur, ainsi que les modalités liées à la synthèse technique et architecturale du DOE numérique. Pour obtenir un DOE le plus juste possible, une attention toute particulière doit également être portée à la mise à jour de la modélisation tout au long de la phase chantier.

Les usages du DOE BIM en phase d’exploitation

L’exploitation représente plus des trois quarts du coût global d’une construction sur l’ensemble de son cycle de vie : remplacement des équipements d’origine, réaménagements divers, consommations énergétiques ou réparations indispensables au bon fonctionnement de l’ouvrage.

Le DOE numérique est alors pertinent pour optimiser les actions liées à la gestion d’un ouvrage, gagner en rapidité et en sécurité lors des opérations de maintenance, et réduire ses coûts d’exploitation. La centralisation de la donnée, sa facilité d’accès et la possibilité de la mettre à jour sont des avantages du DOE BIM.

L’objectif principal d’un DOE BIM est souvent de produire le « jumeau numérique » d’un bâtiment afin d’en assurer une gestion dynamique et intelligente en temps réel. Il est par exemple possible de relier la maquette 3D à un système GTB (gestion technique du bâtiment) pour localiser instantanément d’éventuelles anomalies ou consommations excessives.

L’ensemble de ces utilisations « finales » est décliné dans le cahier des charges sous la forme d’usages BIM, de livrables à inclure dans le DOE, et du niveau de détail associé à chacun d’eux.

Cas d’un DOE numérique pour un bâtiment déjà réalisé

Pour profiter de toutes les utilisations évoquées précédemment, il est parfois souhaitable de produire un DOE numérique BIM pour des ouvrages déjà construits, n’ayant pas fait l’objet d’un processus BIM au moment de leur conception. Si cette démarche s’avère plus complexe et plus longue à réaliser, elle n’en reste pas moins possible et pertinente dans certains cas.

Il faut pour cela procéder à une importante phase de relevé de l’existant, constituant la base de travail de la nouvelle modélisation. La technologie du scan en trois dimensions est idéale pour procéder à un relevé exhaustif du volume à traiter. Le nuage de point obtenu exige cependant d’être retravaillé pour aboutir à une maquette numérique BIM réellement exploitable.

Quel que soit le mode d’utilisation du DOE numérique BIM par l’utilisateur final d’un ouvrage, sa mise en place exige d’assurer continuellement le maintien à jour des données de la maquette BIM et des informations associées (documentation technique, références des équipements, modifications de réseaux). 

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